Ils sont trois : deux humains et une IA ; Benoît Raphaël, Thomas Mahier, et Jeff GPT, leur assistant(e). Et ils viennent de publier Murmures, qui veut être une synthèse de la pensée de Amanda Askell, souvent présentée comme la philosophe recrutée par Anthropic pour travailler sur le caractère de l’IA Claude. Si vous ne la connaissez pas, prenez le temps de lire certaines de ses publications, d’écouter ses interviews, afin de mieux comprendre le travail réalisé par Benoît.

Benoît Raphaël est journaliste, et il publie la lettre d’information Génération IA, bimensuelle, et d’un excellent niveau à la fois technique et intellectuel. Avant de partir en vacances, nous raconte-t-il, il a voulu terminer un projet qui l’occupait depuis plusieurs semaines, un livre synthétisant les réflexions d’Amanda Askell. Mais plutôt que de demander à une IA un simple travail de compilation, il a souhaité lui faire écrire le livre que Amanda Askell aurait elle-même pu écrire — ou tout au moins qu’il aurait rêvé qu’elle écrive. Ils étaient nombreux sur le projet… nombreux du côté des agents et des IA, mais sous l’orchestration de Benoît Raphaël. Ce dernier ne se définit d’ailleurs pas comme auteur de cet ouvrage. Il définit son travail comme une « composition et orchestration éditoriale » ; un débat qui va s’intensifier dans les prochaines années à la lumière des écrits pris en charge par l’IA, mais contre-balancés par la responsabilité qui reste humaine. Chef d’orchestre de ses agents, c’est bien ainsi que Benoît Raphaël a travaillé. 

Je ne plagierai pas l’auteur, et je vous invite à :

– Lire avec attention l’article qu’il a publié à l’occasion de la sortie du livre, qui s’intitule : comment j’ai écrit avec l’IA le livre qu’Amanda Askell n’a jamais écrit.

– Et bien sûr, lire le livre complet que Benoît Raphaël nous offre en PDF ou ePub.

Le livre est intéressant, la démarche l’est encore plus, en tous cas pour moi dans le cadre de ce blog : s’appuyer sur des contenus existants et en proposer une synthèse ordonnée et organisée, à la première personne, l’IA incarnant les propos compilés.

Pour mon projet de roman, j’en retire deux enseignements importants :

– La rédaction chapitre par chapitre, l’IA ne peut pas encore partir d’un simple prompt et rédiger des centaines de pages sans instructions complémentaires ; et si l’on essaye, elle perd rapidement le fil et commence à disjoncter. Il faut donc lui diviser le travail en tâches, exprimer chaque tâche de manière claire, et circonscrire le travail demandé à l’IA. 

– Même s’il ne s’appelle plus lui-même « auteur », l’humain est indispensable. « Je relisais chaque chapitre, paragraphe après paragraphe », explique Benoît Raphaël. Endossant la responsabilité morale et juridique de sa production, il remettait en question l’IA chaque fois qu’une idée ou une formulation ne lui semblait pas idéale. Il challengeait ses IA. 

[Ajout du 14/08/2026] A lire également sur le sujet, plusieurs billets de Thierry Crouzet, auteur reconnu, qui explore également les possibilités de l'IA et ses limites en terme de créativité : https://tcrouzet.com/2026/08/1...