Depuis plusieurs mois, j’ai basculé de ChatGPT à Claude. Ce n’est pas un choix scientifique, mais je trouve tout simplement les capacités de rédaction en français de Claude plus avancées. D’autres feront un choix différent ; pas de problème, à chacun de trouver l’outil qui lui convient (Oui, je vais tester également avec Mistral). Vous aurez remarqué qu’en allant au rayon outillage de votre magasin de bricolage préféré, il y a une bonne dizaine de marteaux différents, dans leur forme, leur taille, leur marque, leur couleur… Une IA générative, c’est un outil, comme un marteau, et c’est une bonne chose qu’en soient disponibles plusieurs modèles. Que le monde serait triste si tous utilisaient le même marteau ! Pardon, la même IA. Donc, commençons avec Claude.

Comme vous le savez certainement, la qualité d’une réponse de l’IA dépend de la question qu’on lui pose ; on appelle cela le « prompt », ou la « requête » comme recommandé par le dictionnaire québécois de la langue française. Mais la requête ne fait pas tout. Il faut également lui enseigner des « skills », c’est-à-dire des « compétences ». C’est ce qui créera de la cohérence dans la manière de rédiger, dans le lien entre vos requêtes, etc. Une compétence est du point de vue technique, un fichier de type Markdown, qui décrit comment vous souhaitez que le LLM se comporte en répondant à votre requête.

Il n’y a pas de modèle invariable de compétence ; vous en trouverez de nombreux exemples sur Internet, et vous pouvez même demander à l’IA de préparer sa propre compétence, que vous personnaliserez par la suite.

Je me suis donc attelé à la rédaction de la compétence, de la « skill », correspondant à mon roman sur l’histoire du premier scientifique de données, né à Caral il y a 4500 ans. 

Aucune difficulté technique à surmonter, juste la nécessité de respecter parfaitement la syntaxe Markdown (mais si vous avez suivi mes conseils précédents et créé votre bundle OKF, vous savez faire). En revanche, n’attendez pas de l’IA qu’elle vous dise ce que VOUS souhaitez faire !

À trop utiliser l’IA générative pour poser des questions simples, voire simplistes, nous en oublions parfois que nous restons décideurs de nos questions et de nos interrogations. Ne demandez pas au marteau de planter un clou ! Utilisez-le pour planter le clou comme VOUS le souhaitez. 

Prenez donc le temps d’expliquer, via la compétence, comment vous souhaitez que l’IA travaille. Imaginez que vous souhaitiez confier à un stagiaire une tâche de rédaction : vous allez lui expliquer ce que vous attendez de lui, avec de nombreux détails qui vous semblent peut-être insignifiants. La préparation d’une compétence, c’est exactement la même chose.

Du point de vue formel, le fichier Markdown de votre compétence contiendra : un titre, une description, et je vous conseille de le dater et de le versionner (1,0, 1,1, 1,2, 2,0…) afin de suivre ses évolutions. Vous pouvez d’ailleurs le compléter d’un fichier log.md, sorte de main-courante qui contiendra l’histoire des évolutions de votre compétence. Tout cela sera accessible pour vous permettre de relire et comprendre les modifications apportées, et peut-être demain de permettre à un agent de relire également cet historique.

À ma connaissance, il n’y a pas vraiment de limite de taille au fichier de description de la compétence, mais restez direct. Vous parlez à un outil, pas à une personne. N’y mettez pas les formes qui pourraient donner lieu à interprétation ; allez droit au but, même si la formulation vous semble froide et distante, voire autoritaire… c’est l’idée !