L’IA n’est pas l’auteur, elle est un outil ; tout comme l’ont été les tablettes d’argile, les papyrus, les plumes d’oie, les machines à écrire, et plus récemment les traitements de texte. L’IA n’imagine pas, elle produit. Elle produit suivant les instructions de l’auteur. L’auteur n’est plus celui qui aligne les mots, mais celui qui indique à la machine à quel objectif il souhaite parvenir.

Je ne vois pas l’IA de manière différente d’une machine à écrire ou d’un traitement de texte. Le marteau n’enfonce pas le clou à la place de l’ouvrier ; mais un marteau-robot pourrait exécuter ce que l’ouvrir lui demande. Nous sommes ici dans le même cas.

Mais comme l’IA ne sait que ce qu’on lui a appris, il faut donc lui enseigner les ingrédients que l’on souhaite utiliser. Un « prompt » est un peu comme une recette de cuisine. Si je demande à mon réfrigérateur : prépare-moi un plat à partir de tout ce que tu trouves dans le frigo… le résultat ne sera pas fabuleux. Si, en revanche, j’étiquète les aliments, je les organise, les combine par saveur, j’aiderai mon réfrigérateur à préparer quelque chose d’un peu plus savoureux.

L’IA qui va me permettre d’écrire mon roman doit donc être « entrainée ». C’est le terme technique que l’on utilise pour expliquer qu’on alimente l’IA avec des données, qu’elle va analyser, et qui lui serviront à construire ses réponses.

Je vais donc construire une base de connaissances, qui entrainera mon IA sur les sujets abordés dans le roman. S’appuyant sur des faits historiques (les luddites, la révolte des canuts), des réactions actuelles en 2026 (rejet de l’IA lors des cérémonies de fin d’année universitaire, manifestations aux États-Unis, reportages sur la construction controversée de centres de données…), et sur les réflexions philosophiques de certains penseurs (comme l’encyclique du Pape Léon XIV sur l’intelligence artificielle), mon roman doit avoir des fondations solides. Pour cela l’IA doit être entrainée sur ces fondations. Je ne souhaite pas qu’elle hallucine en utilisant la bouillie informationnelle trouvée sur Internet ; je préfère choisir moi-même la bouillie !

Cette base de connaissances est donc composée d’articles, de livres, d’études, de photos, de films et de documentaires, etc. De tout ce que je lis actuellement pour imaginer l’histoire que je créerai. 

Pour les auteurs ou futurs auteurs qui souhaiteraient comprendre un peu plus cette partie technique, laissez-moi vous expliquer quelques concepts : OKF, YAML et Markdown en particulier.

Markdown est un format minimaliste de création de connaissance, qui sépare le contenu de la forme. Tout comme Scrivener que j’utilise actuellement pour l’écriture de ce roman, on se concentre sur le contenu. La mise en page viendra après. C’est donc le contraire des éditeurs WYSIWYG comme Word ou LibreOffice, qui mélangent contenu et forme. 

L’IA ne s’intéresse pas à la forme, elle a besoin d’un texte structuré, sans mise en page, uniquement rythmé par des titres et intertitres. Polices de caractères, attributs, taille n’ont aucune importance. Ma base de connaissances sera donc créée sous forme de fichiers Markdown. Un peu comme du XML ou du RDF (pour les spécialistes du document) mais beaucoup plus simple.

Mais ce contenu, pour être bien interprété par l’IA, doit être étiqueté ; ce sont les fameuses métadonnées que les professionnels des bibliothèques et de la gestion électronique de documents connaissent bien. Là encore, il existe des standards permettant de formaliser la présentation de ces métadonnées (titre, auteur, langue, résumé, date…) afin d’en faciliter la compréhension par l’IA. Le format que j’ai choisi d’utiliser est YAML. Là encore, c’est comme du XML ou du RDF, mais incroyablement plus simple !

Et enfin, les contenus doivent être organisés, pour que l’IA, dans sa phase d’entrainement, puisse les parcourir, les analyser, et par la suite s’en inspirer. C’est ce que l’on appelle techniquement la création d’un graphe de connaissances. Un peu comme notre cerveau qui relie les points entre eux ; mais rassurez-vous, beaucoup moins puissant. Et le 12 juin 2026, Google a publié un format d’organisation : OKF (Open Knowledge Format) qui justement combine Markdown, YAML et une organisation de fichiers. 

Ma base de connaissances va donc s’appuyer sur la norme OKF, et chacune des connaissances sera formalisée en Markdown avec un entête en YAML. Si vous n’avez rien compris, ce n’est pas grave ! Cela ne vous empêche pas de continuer à suivre mon processus de création. Mais si vous envisagez de vous inspirer de la démarche pour produire votre propre contenu, ces quelques lignes un peu techniques peuvent vous faire gagner un temps précieux.

D’autres solutions existent certainement, et n’hésitez pas à utiliser les commentaires pour partager votre expérience. Mais je voulais m’appuyer uniquement sur des standards ouverts, ne nécessitant pas d’autres outils qu’un éditeur de texte simple, et un espace de stockage de fichiers organisés.